Sur l’ensemble du match, qu’est-ce qui n’a pas marché par rapport au plan que vous aviez mis en place ?
Je pense que ce qui nous a fait mal ce soir, ce sont ces erreurs. Mais au-delà des erreurs, ce sont surtout des erreurs intervenues à des moments vraiment charnières. Dès le début du match, quand vous jouez contre l’Égypte, vous savez qu’ils aiment les cadeaux. Vous savez que si vous leur faites le moindre cadeau, ils vont vous sanctionner directement. Il faut commencer le match en étant très solide, très concentré. Ça nous a handicapés. Surtout que l’égalisation est arrivée peu de temps après. Mais malgré ça, on a mis du temps à réellement entrer dans le match. On a réagi en fin de première période en revenant à 2-1. Mais pour moi, le moment charnière du match, celui qui provoque notre élimination aujourd’hui, c’est ce premier but encaissé. Il n’y a pas pire moment pour nous. Au retour de la pause, on avait des intentions. On voulait revenir, on savait qu’il y aurait de l’espace. Mais il fallait mieux gérer certaines situations. Malheureusement, on prend ce but-là. À partir de là, on se met vraiment en grande difficulté. On réagit encore en revenant à 3-2 mais après, c’est compliqué. Quand vous êtes menés face à une équipe comme l’Égypte, c’est très difficile de revenir. Ils défendent bien, ils sont bien organisés et ils aiment ce type de scénario. Ils aiment ces matchs où il faut casser le rythme, gérer le temps. On a rendu le match difficile pour nous-mêmes.
Coach, on sait que les Égyptiens sont sortis victorieux de ce choc. Mais quand on regarde leur manière de jouer, avec beaucoup de simulations, est-ce que vous avez ressenti de la frustration ?
Oui, on est toujours frustrés et déçus quand on perd. Mais on les connaît. Je l’ai dit, moi ça fait très longtemps que je connais cette équipe. L'Égypte, ça a toujours été comme ça : pleurer, temporiser, simuler. Ils ont l’expérience. Ils le font bien, il faut le reconnaître. On ne peut pas leur en vouloir. Si vous tombez dans leur jeu, c’est votre problème. Ce qui est frustrant, c’est qu’on connaissait parfaitement cette équipe. On savait qu’ils n’allaient pas jouer, qu’ils allaient nous attendre, défendre, couper le jeu, tomber, simuler… On savait tout ça. Ce qui est vraiment difficile à accepter, c’est de prendre des buts aussi rapidement, sur des erreurs de concentration. Des erreurs qu’on n’a pas l’habitude de faire. C’est ça le plus dur aujourd’hui. On y a toujours cru. On a demandé aux joueurs d’y croire jusqu’à la fin. Ce n’est pas nous, les coachs, qui allons baisser les bras. On a essayé, on a tenté des solutions, on a fait entrer des joueurs. Malheureusement, ça n’a pas payé. On est déçus mais c’est le football. On va continuer à travailler. On a un bon groupe, un groupe jeune. On va apprendre de nos erreurs et corriger ce qu’il faut corriger.
Touré a souvent été décisif lorsqu'il est rentré. Pourquoi dans la hiérarchie des remplacements est-il entré aussi tard ?
C’est difficile à expliquer. C’est le ressenti. Sur un match, on voit des choses, on ressent des choses, on fait des changements. Comme je l’ai dit, ça n’a pas payé. Peut-être qu’il aurait fallu faire autrement, plus tôt ou plus tard, on ne le saura jamais. On a essayé de lire le match et d’apporter des changements pour revenir au score. Malheureusement, ça n’a pas fonctionné.
Après cette défaite et avec le Mondial qui arrive, pensez-vous conserver votre place ?
Dans la vie, je ne prends pas la tête. Si demain je dois perdre ma place, je ne vais pas me suicider. Ne vous inquiétez pas. Je continuerai à me battre, je chercherai un nouveau projet. Ça fait partie du métier d’entraîneur. Quand vous gagnez, tout va bien. Quand vous perdez, vous êtes exposé. Je ne suis pas déçu par rapport à ça. C’est la vie du football.
Quel est votre message pour le public ivoirien présent ce soir, après votre appel au soutien ?
Ça fait vraiment du bien d’être à l’étranger et de voir autant de supporters ivoiriens. Agadir est le camp de base de l’Égypte, ils ont presque joué tous leurs matchs ici. Mais ce soir, dans les tribunes, on avait l’impression d’être chez nous. Félicitations à l’Égypte, ils ont fait leur match. Nous sommes déçus de ne pas avoir offert une victoire à notre public mais on va apprendre de nos erreurs.
Vous avez parlé d’erreurs de concentration. Comment expliquez-vous ce manque de concentration ?
Franchement, c’est très dur à expliquer. On a prévenu les joueurs, on leur a beaucoup parlé de l’Égypte et de leur manière de jouer. On savait tout. Malheureusement, ce soir, malgré les avertissements, on n’a pas su éviter ces erreurs. Quand vous offrez des cadeaux à cette équipe, vous vous mettez en difficulté. Après, ils savent gérer le score, gagner du temps. On est revenus à 2-1 mais ils nous ont encore punis. On n’a pas trouvé la ressource pour aller chercher les prolongations. C’est dommage !
Personnellement, comment jugez-vous le parcours de votre équipe ?
On est déçus, on voulait aller loin, rentrer en Côte d’Ivoire avec la coupe. Mais la satisfaction, c’est le groupe. Un groupe soudé, avec des joueurs qui avaient envie de jouer ensemble et de se battre ensemble. Il y a des jeunes pour qui c’était la première Can. Ils ont montré de belles choses. C’est encourageant pour l’avenir. On va continuer à construire cette génération.
Marquer sur les coups de pied arrêtés faisait-il partie de votre plan de jeu ce soir ?
Oui, bien sûr. Ça fait partie des satisfactions, notamment la capacité à revenir. Mais c’est dur, très dur, il faut le dire. On va essayer de retenir les éléments positifs, même si la déception est là.
Quel est votre plus grand regret sur ce match ?
J’ai deux grands regrets. Le premier, c’est d’encaisser ce premier but aussi tôt, et de cette manière-là. Le deuxième, c’est le troisième but encaissé au retour de la pause. Commencer un match contre l’Égypte avec un handicap pareil, c’est très compliqué, surtout psychologiquement. Il n’y a pas eu un plan spécifique de l’Égypte qui nous a mis en difficulté. Ce sont surtout nos erreurs, à des moments clés.