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Can 2025 : Portrait croisé des 4 demi-finalistes

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13.01.2026
Le chapeau

C’est demain mercredi 14 janvier 2026, dans les villes de Tanger et de Rabat, que se disputeront les deux demi-finales de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football- Maroc 2025. Le Maroc (pays hôte), le Nigeria, le Sénégal et l’Égypte ont validé leurs tickets pour ce dernier carré prestigieux, composé exclusivement d’anciennes nations championnes d’Afrique. Parcours, forces, faiblesses et dynamiques : Soir Info dresse le portrait croisé des quatre prétendants au sacre continental.

Le Maroc mise sur son public
Hôte de la grand-messe du football africain, le Maroc a fait du sacre continental un objectif assumé et non dissimulé. Portés par un public incandescent, debout comme un seul homme à chacune de leurs sorties, Hoalid Regragui et ses joueurs avancent, pour l’instant, sur la trajectoire attendue d’un prétendant sérieux au titre. Les Lions de l’Atlas ont terminé en tête du groupe A avec deux victoires et un match nul en trois rencontres, avant de franchir avec difficulté l’obstacle tanzanien en huitièmes de finale (1-0). En quarts, ils ont, en revanche, livré une prestation beaucoup plus aboutie face au Cameroun, dominé avec autorité (2-0). Ce parcours solide leur a permis d’endosser le costume de favori naturel, renforcé par le contexte de la compétition.
La principale force du Maroc réside dans sa solidité défensive. Avec un seul but encaissé en cinq matches, la défense marocaine apparaît comme l’une des plus hermétiques du tournoi. Devant, l’animation offensive repose sur la créativité de Brahim Díaz, auteur de cinq buts, et l’efficacité d’Ayoub El Kaabi, qui en compte trois. Sans oublier le rôle central du capitaine Achraf Hakimi, totalement remis de sa blessure et redevenu un leader incontournable sur et en dehors du terrain.
Toutefois, avec neuf buts inscrits en cinq matches, soit une moyenne de 1,8 but par rencontre, le Maroc n’est pas, statistiquement, le rouleau compresseur offensif de cette Can. Un léger déficit de tranchant qui pourrait peser face à un adversaire aussi redoutable que le Nigeria. C’est sans doute sur cet aspect que Regragui et ses hommes devront hausser leur niveau pour franchir l’ultime marche menant à la finale du 18 janvier 2026.

Le Nigeria, un véritable rouleau compresseur
Le Nigeria impressionne. Depuis le début de la compétition, les Super Eagles affichent une puissance et une régularité qui en font l’équipe la plus redoutée du tournoi. Finalistes malheureux et éliminés de la Coupe du monde 2026 lors des barrages face à la Rd Congo, les Nigérians ont clairement reporté toutes leurs ambitions sur la Can 2025, avec une faim manifeste de revanche.
Leur bilan est sans appel : cinq victoires en cinq matches. La Tanzanie (2-1), la Tunisie (3-2), l’Ouganda (3-1), le Mozambique (4-0) et l’Algérie (2-0) ont tous été balayés par une équipe nigériane conquérante et sûre de sa force. Un parcours parfait qui fait du Nigeria un véritable épouvantail.
Mais c’est surtout sur le plan offensif que les hommes d’Éric Sékou impressionnent. Emmenée par Victor Osimhen et Ademola Lookman, l’attaque nigériane est la plus prolifique de la compétition après les quarts de finale. En cinq sorties, les champions d’Afrique 2013 ont inscrit 14 buts, soit une moyenne exceptionnelle de 2,8 buts par match. Osimhen (4 buts) et Lookman (3 buts) en sont les principaux artificiers.
Cependant, si le Nigeria séduit par sa puissance offensive, il suscite quelques interrogations sur le plan défensif. Avant les matches à élimination directe, les Super Eagles avaient encaissé quatre buts en phase de groupes. Un point faible relatif qui pourrait être exploité par une sélection marocaine réputée pour sa discipline tactique. Certes, Ayayi et ses coéquipiers ont corrigé le tir avec deux clean sheets en huitièmes et en quarts, mais la vigilance reste de mise à ce stade de la compétition.

Le Sénégal, l’autre épouvantail
À l’image du Nigeria, le Sénégal a survolé sa phase de groupes, pourtant relevée avec la présence de la Rd Congo et du Bénin. Portés par Nicolas Jackson, Pape Gueye et Chérif Ndiaye, auteurs de deux buts chacun, les Lions de la Teranga dégagent une impression de maîtrise et de sérénité qui force le respect.
Avec 11 buts inscrits, le Sénégal possède la deuxième meilleure attaque du tournoi, juste derrière le Nigeria. Mais au-delà des chiffres, c’est la qualité du jeu proposé qui séduit les observateurs. Les hommes de Pape Thiaw affichent une assurance collective, de sorter qu’ils donnent parfois le sentiment d’être programmés pour aller au bout.
Pour beaucoup d’analystes, le Sénégal n’a jamais semblé aussi proche de décrocher une deuxième étoile continentale. Toutefois, entre l’impression laissée et la réalité du terrain, un pas reste à franchir. Car les adversaires battus jusque-là- le Botswana (3-0), le Bénin (3-0) et le Soudan (3-1)- étaient globalement à la portée des champions d’Afrique 2021. La Rd Congo, seul véritable test, les a contraints au partage des points (1-1).
C’est donc face à l’Égypte que Sadio Mané et ses coéquipiers sont véritablement attendus. Ils devront prouver leur capacité à élever leur niveau face à un adversaire rompu aux joutes décisives et réputé pour sa solidité mentale.

L’Égypte, le monstre froid
L’Égypte avance sans bruit mais avec une efficacité redoutable. Peu adepte du jeu spectaculaire, la sélection des Pharaons se distingue par son pragmatisme et sa capacité à répondre présent dans les moments cruciaux. Elle l'a encore démontré en huitièmes de finale face au Bénin (3-1 après prolongation) et en quarts de finale contre la Côte d'Ivoire (3-2).
Véritable ‘’monstre froid’’, l'Égypte sait attendre son moment avant de frapper à la moindre inattention adverse. Sans être dominante dans le jeu, elle a toujours su se sortir de situations compliquées, comme face au Zimbabwe (2-1), alors qu'elle était menée de la 20ᵉ à la 64ᵉ minute. Contre l’Afrique du Sud (1-0), l’Angola (0-0) et le Bénin, la marge était mince mais les hommes d’Hossam Hassan ont tenu.
Avec neuf buts inscrits, dont quatre pour Mohamed Salah et deux pour Omar Marmoush, l’Égypte avance, sûre de ses forces. Toutefois, cette équipe n’est pas sans failles. Sa défense, qui a déjà encaissé quatre buts en cinq matches, apparaît comme son talon d’Achille, notamment sur les coups de pied arrêtés. Une faiblesse que le Sénégal pourrait tenter d’exploiter pour briser la froide mécanique des Pharaons.

 

Signature
Guillaume AHOUTOU (Envoyé spécial au Maroc)
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