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Hausse du prix du carburant en Côte d’Ivoire / Des explications données

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04.05.2026
Le chapeau

Les prix des carburants connaissent une nouvelle hausse en Côte d’Ivoire en ce mois de mai 2026. Une augmentation contenue, selon les autorités, grâce aux efforts de l’État, dans un contexte international marqué par la flambée des cours du pétrole.

Les automobilistes et autres usagers ivoiriens ont constaté, pour le mois de mai 2026, une augmentation des prix du carburant à la pompe. En fait, le prix du litre du super sans plomb est passé de 820 à 875 F Cfa, soit une augmentation de 55 F Cfa ; celui du gasoil, de 675 à 700 F Cfa, avec une hausse de 25 F Cfa. 
Quant au litre du pétrole lampant, il est commercialisé à 745 contre 705 F Cfa, soit une majoration de 40 F Cfa. 
Cette augmentation, qui intervient depuis celle d’octobre 2023, est, selon plusieurs observateurs, la conséquence des chocs exogènes, comme l’envolée du prix du baril de pétrole induite par le conflit au Moyen-Orient. De quoi mettre à mal la résistance ivoirienne qui a déjà englouti la bagatelle de 100 milliards de F Cfa.   
En réalité, la guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran a sapé les efforts du gouvernement ivoirien, contraint d’ajuster les prix du carburant. En cause, le prix du baril qui est passé, en février 2026, de 70 dollars (39 200 F Cfa) à 120 dollars (67 200 F Cfa) en avril. Cette perturbation et l’envol des coûts du fret maritime, notent des observateurs, qui impactent l’ensemble des pays, ont creusé un écart entre le prix réel des produits pétroliers et le tarif administré maintenu à la pompe. Du coup, l’ajustement des prix était inévitable, même si les efforts gouvernementaux ont contribué à le contenir considérablement.
L’augmentation n’a pas pu être évitée mais, selon une source proche de la Direction générale des hydrocarbures, elle aurait pu prendre une proportion plus grande sans la réaction du gouvernement. On évoque la centaine de milliards de F Cfa injectée dans le circuit pour pouvoir maintenir le niveau actuel d’augmentation et soulager les automobilistes en particulier, et les populations en général. Selon les informations en notre possession, sans l’intervention de l’Etat, les populations auraient payé le super à plus de 1 200 F Cfa, le gasoil au-delà de 900 F Cfa et le pétrole lampant à plus de 1000 F Cfa le litre. 
Par ailleurs, le fait que depuis mars, l’Etat ait renoncé aux droits de douane sur le gasoil a permis de canaliser la hausse de ce produit pétrolier.
Les efforts du gouvernement ont aussi impacté les prix des bouteilles de gaz butane, qui sont restés inchangés. Ainsi la B6, communément appelée ‘’Faitou’’, qui s’achète toujours à 2 000 F Cfa, aurait coûté 5 000 F Cfa ; et la B12, à 5 200 F Cfa, serait commercialisée à 10 000 F Cfa.
Malgré ces augmentations, il faut dire que la situation ivoirienne est en dessous de ce que la réalité internationale impose. A titre de comparaison, l’on note qu’au Nigéria (1er producteur africain avec 1,5 million de barils/jour), le super est passé de 347 F Cfa le litre en février, à 559 F Cfa depuis le 1er mai. 
Le litre de gasoil s’établit désormais à 835 F Cfa, soit 2050 nairas. Aux Etats-Unis (1er producteur mondial depuis une décennie avec 14 millions de barils/jour), le super et le gasoil sont vendus, respectivement en moyenne, à 769 F Cfa et 927 F Cfa. 
La Californie, apprend-on, a atteint environ 2 000 F Cfa le litre, en mars 2026.
Il faut souligner qu’au-delà du bouclier tarifaire sur les produits pétroliers à la pompe, l’Etat maintient plusieurs mesures de soutien qui passent souvent inaperçues. Il s’agit, entre autres, de la prise en charge des frais de transport sur l’ensemble du territoire national : sans cela, les prix augmenteraient à mesure que l’on s’éloigne d’Abidjan. L’Etat continue donc d’amortir une partie du choc pour les ménages et les entreprises.

 

Signature
Serge YAVO
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