Ce panel, dont le thème était ‘’1990-2026, 36 ans de multipartisme en Côte d’Ivoire : quelles avancées démocratiques et quelles libertés réelles pour les citoyens ?’’, a permis une réflexion prospective et le ressourcement des forces vives.
Après que les experts universitaires et politiques ont exposé sur les grands moments du cheminement du pays vers la démocratie, la présidente du Mgc a fait un réquisitoire de l’exercice du pluralisme en Côte d’Ivoire.
Elle a présenté un tableau « alarmant » de la démocratie en Côte d’Ivoire et ailleurs, y compris dans « les grands pays occidentaux qui s’en proclament les gardiens ». « Il existe une démocratie en apparence, une démocratie, je dirais même des apparences. La vraie démocratie doit être celle que l’on vit. Au terme de ces 36 années, une conviction profonde m’habite : la Côte d’Ivoire n’a pas encore accompli sa démocratie. Elle est encore en chemin. Mais ce chemin-là n’est pas une condamnation. C’est une innovation, une invitation à poursuivre la démocratie que notre peuple mérite », a recommandé Simone Gbagbo. Non sans appeler les Ivoiriens à bâtir une « démocratie adulte », fondée sur les libertés, la justice et la souveraineté du peuple. « La démocratie n’est jamais un acquis, elle est toujours une conquête. La vraie liberté, ce n’est pas le vide. Elle est une construction, elle se bâtit, elle se protège, elle s’organise », a-t-elle soutenu. Pour elle, cela « exige un État de droit solide », « des institutions qui fonctionnent en toute indépendance » et « une Justice qui traite chaque citoyen avec la même équité, sans égard pour sa fortune, pour son rang ou pour ses relations ».
Revenant sur la Justice ivoirienne, l’ex-députée d’Abobo a prévenu : « La vengeance ne fonde aucune démocratie durable. À l’opposé, d’autres confondent la justice avec la clémence sélective. Derrière les apparences du pluralisme et des élections, c’est en réalité une minorité qui gouverne pour elle-même ; ce que les politologues appellent une ‘’oligarchie’’. Et une oligarchie, aussi bien habillée soit-elle, reste une forme de confiscation du pouvoir ».
Quant au peuple, elle a appelé à l’écouter et à prendre en compte ses aspirations réelles dans la gouvernance. « Le peuple est le souverain permanent de la démocratie. Ses opinions, ses aspirations, ses souffrances doivent être entendues, doivent être respectées et intégrées dans les décisions publiques, en permanence ».
Pour la présidente du Mgc, « la démocratie repose sur un trépied : libertés, justice et souveraineté du peuple. Retirez une de ses jambes et l’édifice va s’effondrer ». C’est sur ces fondements que le Mgc affirme son positionnement. « Nous ne sommes pas un parti de la nostalgie. Nous ne sommes pas un parti de la revanche. Nous sommes un parti de la lucidité et un parti de la responsabilité. Nous croyons que la Côte d’Ivoire mérite une démocratie adulte, une démocratie qui ne soit pas seulement une compétition pour le pouvoir mais un projet pour le peuple », a-t-elle clarifié.
C’est également en tant qu’ex-candidate à l’élection présidentielle d’octobre 2025, que Simone Gbagbo s’est adressée directement à la jeunesse : « L’avenir de la démocratie ivoirienne vous appartient. Le Mouvement des générations capables désire vous accompagner. Le Mgc n’est pas un parti qui vous demande de suivre, c’est un mouvement qui vous invite à construire un modèle démocratique qui soit le vôtre, ancré dans vos réalités, nourri de vos aspirations, façonné par votre intelligence et votre créativité. Ne vous résignez pas à la médiocrité politique parce que vous n’avez connu que cela. Exigez l’excellence. Rejoignez le Mgc ». Et d’ajouter : « La démocratie ne sera pas le cadeau d’un Homme providentiel. Elle sera l’œuvre patiente, collective et déterminée d’un peuple qui aura décidé d’être libre, vraiment libre ».