First News


Mise en place du futur organe de gestion des élections : Des partis politiques et organisations de la société civile s’insurgent

Listen to this article in audio
30.06.2026
Le chapeau

Au nom de la dizaine de partis et organisations de la société civile qu’elle conduit pour réclamer des reformes électorales, la présidente du Mouvement des générations capables (Mgc), Simone Ehivet Gbagbo, s’est insurgée contre la mouture annoncée du nouveau mécanisme de gestion des élections. C’était, le lundi 29 juin 2026, au siège de son parti, à Cocody-Riviéra Golf, lors d’une conférence de presse. 

Si elle a salué l’idée du gouvernement d’engager cette réforme, l’ancienne Première dame a, en effet, décrié le fait que ladite réforme, dès le départ, n’a pas associé toutes les parties prenantes. « Nous le disons avec gravité : une telle méthode n'est pas acceptable lorsqu'il s'agit de définir les règles du jeu démocratique. La réforme de la gouvernance électorale ne peut être le produit d'une démarche unilatérale. Elle doit être le fruit d'une concertation sincère, inclusive et transparente. Les règles appelées à garantir la paix ne sauraient être élaborées sans ceux qui auront à les appliquer et à s'y soumettre. Nous récusons donc fermement cette méthode qui réduit les forces politiques à de simples destinataires d'une information déjà arrêtée. Une réforme aussi fondamentale mérite un véritable dialogue national et non une simple séance d'information unilatérale », a regretté Simone Ehivet Gbagbo. Qui a, encore une fois, lancé un appel à organiser des consultations avec tous les partis politiques et organisations de la société civile pour réfléchir ensemble au nouveau mécanisme de gestion des élections. « Nous lançons un appel solennel au gouvernement afin qu'il renonce à toute démarche unilatérale et engage sans délai une véritable concertation nationale sur la réforme de la gouvernance électorale. Notre pays a trop souffert des crises électorales pour que les règles destinées à les prévenir soient élaborées sans un large consensus », a-t-elle martelé. Et d’appeler à « un véritable organe électoral indépendant, totalement soustrait à toute influence gouvernementale et à toute emprise partisane ». « Cet organe devra exclure rigoureusement, de sa composition, tout représentant du gouvernement ainsi que tout membre de parti politique. L'Institution que nous proposons est un véritable organe politico-technique chargé du management global du processus électoral et investi de la responsabilité exclusive de l'organisation matérielle des élections dans toutes ses étapes. Pour accomplir efficacement cette mission, cet organe devra pouvoir mobiliser l'ensemble des compétences de l'État -juridiques, administratives, techniques et sécuritaires- tout en bénéficiant des ressources financières publiques nécessaires à l'exercice de ses attributions », a décliné Simone Gbagbo. 
Elle a insisté sur la nécessité de sortir les partis politiques de l’organisation pratique des élections. « Leur mission devrait être exclusivement limitée à l'observation et au contrôle du processus électoral », a suggéré la présidente du Mgc.  
Pour promouvoir ce projet, la conférencière a annoncé avoir déjà saisi plus d’une centaine de partis politiques, organisations de la société civile, groupements confessionnels et autres. Elle a annoncé, dès cette semaine, des rencontres avec notamment le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-CI), Aujourd’hui et demain la Côte d’Ivoire (Adci), Aube nouvelle, les représentations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et des Nations unies mais aussi les chancelleries américaine et russe. « Nous avons envoyé nos propositions partout. Nous souhaitons que le débat ait lieu. (…) Nous avons un certain nombre d’actions qui sont prévues, même en direction des organisations nationales qui existent ici, dès cette semaine. Nous avons toute une série de rendez-vous déjà pris pour aller discuter avec des organismes existants dans le pays, des organisations nationales ou même des organisations internationales. Nous avons également des rendez-vous avec celles-là pour que le débat ne soit pas seulement entre nous et que le monde entier sache. (…) Dans une certaine mesure, il y a déjà des points d’accord. Donc, le reste va être facile à trouver », a soutenu Simone Gbagbo. 

Signature
Alassane SANOU
Loading...