Qualifiant ce partenariat sud-sud « d’exemplaire, de pragmatique et de résolument tourné vers l'avenir », Sangafowa-Coulibaly a souligné qu’il dépasse, par ses effets bénéfiques pour la sous-région ouest-africaine, le seul cadre bilatéral. Cet aspect de l’accord, a laissé entendre le ministre, se ressent à travers les actions qu’il permettra de réaliser. « L’accord comportera des actions immédiates, telles que l’appui au renforcement de notre capacité de production, avec des groupes mobiles d’une capacité totale de 100 Mw ; l’appui à la modernisation de nos réseaux de transport et de distribution comprenant la construction en urgence de lignes de transport de 225 kV et 400 kV ; l'approvisionnement en matériels de distribution critiques et de détection des défauts sur nos câbles souterrains », a-t-il présenté.
Le partenariat, a poursuivi Sangafiwa-Coulibaly, prend également en compte le moyen et long terme, avec l’acquisition d'unités de production fabriquées en Algérie, pour un projet d'une Centrale d'envergure de 1 500 Mw ainsi qu'un programme robuste de formation et de transfert de compétences pour les ingénieurs ivoiriens. « Nous tablons également sur l’ouverture d'unités de fabrication de matériels électriques et de magasins régionaux pour la commercialisation des équipements énergétiques », a-t-il noté, signalant que ce partenariat devrait contribuer à apporter « une réponse directe, immédiate et stratégique aux défis opérationnels actuels de notre réseau électrique ».
La collaboration avec l’Algérie, s’est convaincu le ministre ivoirien, est une bonne opération en ce sens que, selon lui, le Pays des Fennecs a développé un modèle intégré couvrant le transport et la distribution d’énergie électrique, l'ingénierie et la fabrication locale d'équipements de pointe, l’installation et la maintenance des équipements et la formation des compétences nationales à tous les niveaux. « Ce que votre pays a réussi, tant dans le domaine des hydrocarbures que de l’énergie électrique, symbolise le succès que nous devons rechercher à l’échelle du continent. Cela fait de l’Algérie un modèle », a-t-il déclaré.
Une projection au niveau continental qui a amené Sangafowa-Coulibaly, président en exercice du Conseil des ministres de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (Appo), à décliner son ambition pour la Banque africaine de l’énergie (Bae). « J’entends mettre à profit mon mandat de président de l’Appo pour faire aboutir, avec l’assistance efficace du Secrétaire général (l’Algérien Farid Ghezali, Ndlr), des projets fondateurs tels que la Banque africaine de l’énergie », a-t-il annoncé. D’ailleurs, le ministre a prévu, pour la fin d’année, l’opérationnalité de cet établissement financier dont l’apport dans la quête de la souveraineté énergétique du continent africain est crucial.
Pour sa part, Dr Mourad Adjal, ministre algérien de l’Energie et des énergies renouvelables, a salué la sincérité de la coopération entre les deux Etats. Il a assuré son homologue ivoirien de l’implication de son pays dans tous les projets indexés par l’accord. « L’Algérie, forte de son expérience reconnue dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables, réitère son entière disponibilité à partager son savoir-faire avec la République de Côte d’Ivoire, dans un esprit de solidarité africaine et de coopération sud-sud », a-t-il dit.
Le partenariat scellé à Abidjan par M.M. Sangafowa-Coulibaly et Adjal fait suite à la séance de travail intervenue au mois de mars dernier à Alger. En effet, celle-ci a permis de poser les premiers jalons de la collaboration entre les deux parties dans le domaine de l’énergie et des énergies renouvelables.