« (…). Comment travailler au salut de l'Afrique par les Africains eux-mêmes en Jésus-Christ ? Par ailleurs, la question de la place du continent africain dans le concert des nations et dans l'histoire du salut mérite notre attention. A cette fin, n'est-il pas temps que l'Afrique arrête de confier le sort de ses enfants à ses ennemis ? A ce propos, le récent sommet de la France-Afrique, tenu les 11 et 12 mai dernier, à Nairobi au Kenya, en dit long. Le président d'un pays contre des présidents marionnettes d'un continent. Ce type de coopération est déséquilibré. De nos jours, face aux graves problèmes qui minent l'Afrique, quel est votre regard de chrétien sur notre mère patrie la Côte d'Ivoire ? Les situations de souffrance et de résignation face à la misère noire sont telles que certains vont jusqu'à parler d'envoutement collectif. Oui, un peuple envouté ! Au nom de Dieu, ce genre de discours n'est pas vrai ! Oui, la Côte d'Ivoire n'est pas envoutée. La Côte d’Ivoire est plutôt victime du comportement de certains de ses propres enfants en termes de souffrance », a dénoncé Mgr Marcellin Kouadio.
Dans sa démarche, le président de la Cecci a clarifié ces comportements qui tirent la Côte d’Ivoire vers le bas et jettent le discrédit sur elle en parlant de divisions, de méchancetés, de convoitises, d’ambitions démesurées, d’une trop grande cupidité, d’âpreté aux gains, de corruption généralisée, de culte de l’argent, d’incivisme, de manque de repères, de manque d'esprit patriotique, de manque de liberté, de dignité et d'honneur.
Il a aussi évoqué les pactes avec les forces du mal, l’ésotérisme, le manque de jugement et d'esprit critique, les accords politiques en mode ‘’tontine’’, les dérives langagières sur les réseaux sociaux, les discours lénifiants applaudis à la fois par les bourreaux et leurs victimes, le soutien à la rébellion armée et aux rebelles, la fracture sociale, la peur, la résignation et l’individualisme. Des maux qui sont devenus, à le suivre, un mode de gouvernance applaudi par une partie de la société ivoirienne.
Le président de la Cecci s’est également attardé sur le comportement des « ennemis » de la Côte d’Ivoire et de leurs alliés.
A ce propos, Mgr Marcellin Kouadio a parlé de bourreaux envoutés par les divinités du mensonge, de la violence et de la culture de la mort. Il a fait cas, comme beaucoup le pensent, des pratiques mystiques, des démons du pillage systématique des ressources et des idéologies toxiques, de la justice sans justice, des cris à peine audibles des paysans appauvris, des innocents en prison et d'une jeunesse désemparée. « Quelle paix ! Quelle croissance économique ! Quelle politique ou gouvernance !», s’est exclamé le prélat, avant de répondre en ces termes : « Chers frères et sœurs, l'Esprit-Saint est sagesse et intelligence. Courage et force. N 'ayez plus peur. Dieu voit la misère de son peuple ».
Et de souhaiter que le Seigneur renouvelle la face de cette terre de Côte d'Ivoire, maintenant et toujours.