L’exercice Flintlock 2026, plus grand rendez-vous annuel des forces d’opérations spéciales en Afrique, a baissé le rideau, le jeudi 30 avril 2026, à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (Ailct) de Jacqueville. Pour la deuxième année consécutive, la Côte d’Ivoire a accueilli cette manœuvre menée avec le soutien des États-Unis d’Amérique (Usa) et de partenaires dont le Royaume-Uni. Pendant 15 jours, Forces spéciales ivoiriennes, américaines et contingents de plus de 30 pays africains, dont la Guinée, le Nigeria, le Tchad ou la Lybie, ont enchaîné simulations de crises, raids tactiques et réponses aux menaces hybrides. « Il s’est agi de démontrer l’interopérabilité pour assurer la sécurité. Ça a été une formation réaliste et avancée. Les pays sont mis constamment au défi avec des opérations complexes. Nous sommes préparés pour ça », a expliqué un responsable américain.
A la cérémonie de clôture, Washington a insisté sur sa doctrine : « Notre pays veut renforcer les armées souveraines et non créer des dépendances. L’extrémisme violent et le trafic illicite affectent tous les pays. Notre réseau uni est notre plus grand avantage, car basé sur des valeurs de droit ».
Pour le chef d’état-major général adjoint des armées ivoiriennes, le général de division Ali Justin Dem, « la mission a permis de relever le rôle central de la Côte d’Ivoire pour la sécurité régionale ». Il a salué « les nations partenaires dont la présence honore notre pays ». « Nous nous sommes évertués à transformer les contingents venus d’horizons divers en une force unie. La menace terroriste ignore les frontières. Il faut anticiper et agir avec discernement », a-t-il déclaré.
Le haut gradé a notamment insisté sur un constat : « Cet exercice a développé le levier de renforcement de notre coopération. Les acquis obtenus ne doivent pas rester confinés dans des rapports de missions. Ils doivent servir de leçon pour servir nos peuples ».
« Nous sommes investis dans un partenariat gagnant-gagnant. Ce n’est plus la main qui demande mais c’est la main coopérative. L’Amérique d’abord ne signifie pas l’Afrique uniquement. Nous travaillons avec des pays sur la base de leur souveraineté », a affirmé le sous-secrétaire d’État adjoint des États-Unis en charge de l’Afrique de l’Ouest, Richard Michaels. Pour le diplomate américain, « la Côte d’Ivoire est un bel exemple de sécurité et d’économie ». « Elle attire les investisseurs dans le domaine commercial et aussi dans la sécurité. La sécurité permet les investissements et le commerce. Et le commerce permet la rentabilité et l’épanouissement. Nous travaillons sur les intérêts mutuels », a-t-il dit.
Flintlock, qui a rassemblé cette année plus de 20 pays dès la phase de préparation, vise à renforcer les capacités en opérations spéciales de 40 pays partenaires. En Afrique de l’Ouest, l’enjeu est clair : offrir « une réponse régionale coordonnée pour contrer l’expansion des groupes terroristes ».
Après la Mauritanie en 2020 et le Ghana en 2024, la Côte d’Ivoire s’ancre comme terre d’accueil de cet exercice majeur. « Ensemble, nous renforçons la sécurité en Côte d’Ivoire, protégeons les intérêts américains et bâtissons un avenir plus sûr pour tous », ont résumé les organisateurs.