Bishop Lougah Mabé a insisté sur l’importance de la tolérance religieuse dans un monde marqué par des tensions identitaires croissantes. « La tolérance n’est pas un simple sujet de circonstance. Elle constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs de notre époque », a-t-il déclaré.
Selon l’homme de Dieu, la tolérance n'est pas la faiblesse de celui qui renonce à ses convictions. « Elle est la force de celui qui reste fidèle à sa foi tout en respectant celle de son prochain. Être tolérant, ce n'est pas abandonner sa vérité. C'est reconnaître à l'autre le droit d'exister dans sa différence. En cette période où notre nation, notre jeune nation, consolidée par son Excellence monsieur le président (de la République), poursuit sa marche vers davantage de stabilité et de développement. Chers frères, chères sœurs, engageons-nous ensemble à faire de la Côte d'Ivoire un modèle africain, sous-régional et mondial de coexistence pacifique entre les religions et les cultures », a-t-il dit.
Le Bishop a souligné les dangers de l’extrémisme religieux, qu’il a qualifié de menace majeure pour la paix mondiale. Selon lui, ce phénomène prend souvent racine dans l’intolérance, le rejet de l’autre et les discours de haine. « La paix ne se décrète pas, elle se construit au quotidien dans nos familles, nos écoles, nos lieux de culte et nos institutions », a-t-il insisté, appelant à l’unité et à la responsabilité collective pour bâtir une paix durable. « Nous devons être des bâtisseurs de paix et non des constructeurs des lignes de séparation ethnique, religieuse et doctrinale. Chaque syndicat, chaque fédération, chaque association, chaque groupement d'âmes et chaque responsable communautaire, devient aujourd'hui même et pour toujours un ambassadeur de la tolérance religieuse ».
Le Conseiller spécial du président de la République chargé des cultes, Koné Drissa, a salué l’initiative et la mobilisation des acteurs religieux. Il a relevé l’importance de ces cadres d’échanges pour consolider le vivre-ensemble et encourager la non-discrimination.
Lors des panels, les intervenants religieux ont apporté des éclairages complémentaires.
Le Père Beugré Simplice de l’Église orthodoxe et Cheick Oumar Sawadogo du Conseil supérieur Ahloul Bayt de Côte d’Ivoire ont affirmé que l’extrémisme n’a pas sa source dans l’islam « authentique » et le christianisme. Selon eux, ce phénomène découle d’une mauvaise compréhension des textes religieux et de la manipulation des jeunes. « La religion est un message de paix et d’accompagnement de l’Homme dans sa vie », a souligné Oumar Sawadogo.