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Rhdp, opposition, projet à Guibéroua… / Colette Pellaud : « Celui que le président Ouattara nous présentera pour sa succession, on se battra encore pour lui »

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Publié il y'a 3 heures
01.06.2026
Le chapeau

Fin de silence. Mme Colette Pellaud épouse Lakpé, cadre du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), redonne de la voix dans cette interview et se prononce sur divers sujets. Entre autres, la situation au niveau de sa formation politique mais aussi au sein de l’opposition ivoirienne. Par ailleurs, la Conseillère économique, sociale, environnementale et culturelle parle de ses actions sociopolitiques à Guibéroua et de ses rapports avec les populations locales.

Qu’est-ce qui peut expliquer ce long silence, surtout que vous prononciez régulièrement sur la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire ?
Colette Pellaud : Si j’ai gardé le silence, c’est parce que je voulais voir un peu ce qui se passe à notre niveau, c’est-à-dire au niveau de Gagnoa, Guibéroua, dans la région du Gôh d’où je suis originaire. Je suis restée silencieuse aussi pour observer du côté de la politique. Actuellement, je suis bien contente.

Pourquoi êtes-vous contente ?
Je suis contente parce que c’est mon parti le Rhdp qui a triomphé aux dernières élections, au plan national et dans ma région. A Guibéroua chez moi, je suis encore plus heureuse parce que, que ce soit au niveau de la députation et bien avant la mairie, ce sont des gens que j’ai formés, qui ont été à la tâche pour la victoire. Ce sont mes enfants. Donc sur ce plan, moi j’ai fini de travailler. Le député qui est là en ce moment, c’est celui que j’ai formé. Le premier adjoint au maire, je l’ai littéralement mis au monde.  Au plan national, on n’a plus rien à prouver parce que nous avons beaucoup couru pour que notre président soit au pouvoir. Nous en sommes fiers. De tout ce qu’il fait, nous sommes très fiers.  Certains trouvent que le Rhdp n’a rien à voir avec le Rdr (ex-Rassemblement des républicains). Quand ils disent cela, nous autres, cela nous fait sourire. Nous avons été un parti martyr qui a accouché d’un président dont nous sommes fiers aujourd’hui, quel que soit le nom qu’on donnera au parti. 

Le président Ouattara a gagné haut la main les élections. Quelles sont vos attentes pour ce mandat ? 
Nous, le parti qui a fait de lui le président de la République, nous voulons un minimum de reconnaissance pour tous ceux qui ont milité au Rdr parce que ce n’était pas une partie de plaisir. On voudrait avoir la reconnaissance du président Alassane Ouattara. Nous souhaitons qu’on organise, ne serait-ce qu’une journée de reconnaissance ou d’hommage pour tous les pionniers du Rdr. J’y tiens parce que nous avons souffert, au risque même de laisser nos vies dans le combat qui nous a emmenés au pouvoir. Ce que je demanderai au président, c’est qu’il n’oublie pas que nous avons beaucoup souffert. Ce n’est pas pour l’argent, au moins la reconnaissance, c’est ce qui nous est cher. Nous voulons tout simplement la reconnaissance de l’Etat pour les militants du Rdr. Il y a beaucoup de dames avec lesquelles nous faisions les activités, qui sont même mortes. Il faut qu’on nous reconnaisse ce mérite.  Pour le reste, demain, celui que le président Ouattara nous présentera pour sa succession, on se battra encore pour lui. Qu’il soit rassuré.

Votre parti, comme les partis de l’opposition, est dans une phase apparemment de restructuration. Qu’est-ce que tout cela vous inspire ? 
A notre niveau, on nous dit par exemple qu’on va changer les secrétaires départementaux. Pour changer les secrétaires départementaux, il faut demander à ceux qui étaient sur le terrain qui a travaillé et qui n’a pas travaillé. En ce qui concerne les partis d’opposition, c’est aussi normal qu’ils s’organisent. S’il n’y a pas d’opposition, il n’y a pas de pouvoir. Parce que l’opposition doit être aussi forte et honnête quand il y a quelque chose qui ne va pas. Avant, c’est parce qu’il y avait une opposition que nous avons réussi à conquérir le pouvoir d’Etat. Donc on ne peut pas dire qu’il ne faut pas qu’il y ait une opposition. Que l’opposition s’organise, c’est son souci. Mais il ne faut pas seulement parler sans faire de propositions, surtout qu’on a des anciens dirigeants à la tête des grands partis de l’opposition. Qu’est-ce qu’ils n’ont pas fait hier qu’ils vont faire aujourd’hui ? 10 bonnes années à la tête d’un Etat, ce n’est pas 10 jours. S’ils disent qu’ils veulent continuer, ils vont nous dire ce qu’ils comptent faire quand ils vont venir, après les 10 années qu’ils ont déjà faites.

Que pensez-vous de la dissolution de la Commission électorale indépendante (Cei) ? 
Je n’ai pas grand-chose à dire sur cette dissolution. La Cei a fait son chemin. Elle a été appréciée par certains et décriée par d’autre. On attend tous le nouvel organe qui va la remplacer pour faire des commentaires. 

Récemment, à Guibéroua, vous avez eu quelques petits soucis avec des villageois, notamment le chef de votre village Niaprahio. Où en êtes-vous avec cette affaire ? 
Je n’ai pas de problème avec aucun chef de village de toute la région. Même pour les fêtes, si vous voyez ce que j’envoie, vous serez très étonnés. Le problème, c’est qu’il y a un chef qui voulait faire de son avocat le député de Guibéroua. Comme celle qui gêne c’est Mme Pellaud, il fallait trouver des histoires comme quoi je poursuis des enfants avec un pistolet dans le village. Ce qui est totalement grotesque ! Je n’ai pas de pistolet. D’ailleurs pour en avoir il faut une autorisation. Je ne sais pas quel but il voulait atteindre en mêlant les enfants à la politique. Convoqué, ce chef de mon village a demandé pardon en plein Tribunal. Je le répète, je n’ai aucun problème avec aucun chef de ma région. 

Restons à Guibéroua. Vous avez certains projets dont la construction d’un Centre de protection pour les enfants et les femmes. Qu’en est-il ?
C’est un Centre de protection sociale que je veux construire. J’ai déjà fait la clôture. J’aurais aimé que le préfet, avec qui nous étions allés sur le terrain la première fois, soit à Gagnoa pour poser la première pierre (le préfet Lassina Fofana, affecté ailleurs, Ndlr). J’ai écrit et je continue de le faire, j’attends d’être aidée par le président de la République. Je veux être aidée par le pouvoir pour que je puisse finir ce Centre avant que Dieu ne me rappelle à lui. Je demande encore une fois de l’aide au président Alassane Ouattara.    . 

Vous avez parlé du préfet Lassina Fofana. Il nous est revenu qu’il vous a adressé récemment un courrier dans lequel il vous a encensé. Quel en est le contenu ?
Il a salué ma disponibilité et ma franche collaboration avec lui pendant son mandat. Ce qui est vrai. Même le sous-préfet de Dignago, quand il partait, il est venu et nous avons prié ensemble pour la suite de sa mission. Le préfet aurait tant aimé que ce Centre soit fini. Dans cette lettre de reconnaissance et de remerciement, il me demande de ne pas laisser tomber le projet. 

Le mois de mai qui vient de s’achever a été riche en évènements religieux surtout. Vous, étant beaucoup plongée dans la religion, qu’est-ce que ce mois vous inspire particulièrement ? 
C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau. Je suis vraiment désolée que dans ce mois de mai, des immeubles se soient écroulés sur des gens.  Je demande pardon à Dieu, à la Vierge Marie. A vous aussi, journalistes, je demande de nous aider à prier parce que ce qui s’est passé en plein mois de mai, c’est grave. Sans compter les accidents de la circulation, tous les jours. Je demande pardon à Dieu pour ce qui s’est passé à Koumassi (effondrement d’un immeuble au quartier Soweto, qui a fait 8 morts ; Ndlr), en plein mois de mai, qui est le mois le plus beau- c’est là où il pleut, où les plantes sont vertes…
Prions pour notre pays.

La fête des mères a été officiellement célébrée par anticipation à Aboisso, le samedi 30 mai 2026. La Première dame Dominique Ouattara y était, avec à ses côtés les ex-Premières dames Henriette Bédié et Simone Gbagbo. Un commentaire ?
C’était une belle image pour le pays. Je salue la grandeur d’esprit de la Première dame, madame Dominique Ouattara, qui a eu l’idée d’associer celles qui l’ont précédée à son poste. Merci également à Mesdames Henriette Bédié et Simone Gbagbo d’avoir accepté de participer à cette célébration. Me concernant, je voudrais dire à la Première dame que je suis là (rires). Qu’elle ne m’oublie pas, les gens de Guibéroua l’attendent aussi, après Aboisso, pour la célébrer. En attendant, je lui souhaite bonne fête des mères ainsi qu’à toutes les mamans de Côte d’Ivoire.

Qu’avez-vous à dire pour conclure cette interview ?
Juste ajouter que dans mon village maternel, j’ai commencé une plantation de 5 ha de vivriers. C’est pour cela aussi qu’on ne m’entendait pas. Je n’ai pas laissé le vivrier. Je peux aider les gens à conserver les aliments. On dit que la vie est chère mais ce que les gens oublient, c’est qu’on peut conserver les produits. Je l’ai appris quand j’avais ma structure de vivriers dénommée ‘’Fraicheur d’Afrique’’, ainsi que ma coopérative agricole.  Je remercie encore le président Ouattara pour la Zone industrielle de Koumassi où je suis en ce moment en train de me préparer pour qu’on puisse reprendre les choses et faire ce que j’étais en train de faire par le passé. 

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Réalisée par BAMBA Idrissa
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