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Afor/ Sécurisation foncière et activités minières : Un cadre de concertation pour prévenir les conflits ruraux

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Publié il y'a 1 mois
01.12.2025
Le chapeau

Pour anticiper les risques liés à la délivrance croissante de certificats fonciers dans les zones minières, l’Afor a organisé un atelier stratégique réunissant administrations, opérateurs miniers et société civile, en vue d’harmoniser les approches et consolider la cohésion sociale rurale.

L’interaction croissante entre l’exploitation minière et l’occupation foncière en milieu rural oblige désormais les acteurs publics et privés à repenser leurs approches. C’est dans cet esprit qu’un atelier stratégique s’est tenu, les jeudi 27 et vendredi 28 novembre 2025, à Cocody-Angré, à l’initiative de l’Agence foncière rurale (Afor). Durant deux jours, une cinquantaine de représentants de ministères techniques, du corps préfectoral, de sociétés d’État, de structures minières, d’organisations de la société civile et d’experts ont échangé pour identifier des mécanismes de prévention des risques liés à la délivrance accrue de certificats fonciers dans les zones minières.
Dès l’ouverture des travaux, le Directeur général (Dg) de l’Afor, Bamba Cheick Daniel, a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans une dynamique collective visant à lever les obstacles susceptibles de ralentir la sécurisation foncière rurale. Selon lui, seule une réflexion pluraliste permet d’obtenir des solutions adaptées à la complexité des terrains où se superposent droits coutumiers, titres miniers et usages communautaires.
Bamba Cheick Daniel a, pour sa part, souligné l’importance de la sécurisation foncière qu’il a désignée comme pilier indispensable à la cohésion sociale dans les zones rurales. Il a invité les participants à proposer des réformes pragmatiques, capables de prévenir les tensions entre communautés et opérateurs économiques.
Modérateur des échanges, le Directeur du foncier rural, Ouattara Nanakan, a insisté sur la nécessité de traiter la question avec rigueur et méthode. Il a salué l’organisation de cet atelier, qualifié de cadre stratégique de dialogue, où l’objectif est non seulement de partager des expériences, mais aussi d’harmoniser les visions et d’aligner les procédures administratives. Il a rappelé que cette mission engage l’ensemble des acteurs vis-à-vis des populations rurales et des générations futures.
Les travaux se sont articulés autour de trois Commissions : l’état des lieux et les perspectives ; les difficultés rencontrées et les pistes de réformes ; et l’articulation entre activités minières et sécurisation foncière rurale.
Parmi les principales recommandations, figurent la sécurisation préalable des terres avant toute opération minière, l’application rigoureuse des textes en vigueur, l’intégration de l’Afor à la Commission interministérielle des Mines, ainsi que la conduite des études d’impact environnemental et social en cohérence avec la clarification des droits coutumiers.
À l’issue des échanges, les participants ont exprimé leur conviction que le renforcement des opérations de sécurisation foncière dans les zones minières constituera une réponse durable aux inquiétudes des communautés rurales. Cet atelier s’inscrit dans la continuité des recommandations de la Banque mondiale dans le cadre du Programme de renforcement de la sécurisation foncière rurale (Presfor), et marque une étape importante vers une cohabitation apaisée entre exploitation minière et gestion foncière en Côte d’Ivoire.

Signature
Guillaume AHOUTOU
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