Des enfants arpentent rues et ruelles à Abidjan pour mendier, depuis la fête de la Tabaski, le mercredi 27 mai 2026. Des enfants conduisant d’autres enfants, une sébile en main, se ruent sur des inconnus, dans une insécurité totale parce qu’ils bravent des véhicules en circulation. Des adultes qui refusent d’encourager cette forme de mendicité les congédient.
En tout cas, l’imam de la mosquée Madina de Marcory, Sissoko Lancina, joint par téléphone, le dimanche 31 mai 2026, s’en désole : « C'est nos comportements dans les grandes villes. Chaque fois qu'on fait nos sermons, on interpelle la communauté et les parents, comme on le fait par rapport à d'autres comportements. Vous savez, l'éducation de la société n'est pas facile. C'est devenu maintenant un phénomène général. Ce n'est même pas seulement les enfants musulmans. Beaucoup d’enfants le font maintenant ».
Selon lui, « il faut savoir que pour la fête, le prophète nous recommande, après la prière, de se rendre visite mutuellement afin de présenter les vœux. C'est ce qui occasionne ces déplacements-là. C'est avec les parents qu'on le faisait. Mendier n'a rien à avoir avec l'islam. C'est nos mauvaises habitudes ».
A l’en croire, l'islam interdit formellement à un musulman de mendier.
« On peut demander quand on a des difficultés extrêmes pour manger. Quelqu'un qui est dans un dénouement total peut aussi le faire. Mais il ne doit pas mendier. Et le prophète Saw nous dit également que la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit. C'est elle qui reçoit les bénédictions. Ce n'est pas une bonne manière d'éduquer un enfant, en tout cas. On ne peut pas éduquer l'enfant par la mendicité », a argumenté l’imam Sissoko Lancina.