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Mise en place du nouvel organe de gestion des élections / Fondio Vazoumana (Pdt de l’Uac-CI) : « Une démarche inclusive et consultative dès le départ aurait eu le mérite d'éviter les suspicions entre acteurs politiques… »

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Publié il y'a 4 heures
30.06.2026
Le chapeau

Dans cette interview, le président de l’Union d’actions pour le changement (Uac-CI), Fondio Vazoumana, porte un regard sur la réforme de la gouvernance électorale en cours. Il y aborde également les ambitions de son parti, deux mois après sa création. 

Vous avez été élu le 11 avril dernier à la tête de l’Union d’actions pour le changement en Côte d’Ivoire (Uac-CI). Pourtant, depuis cette date, le parti semble être en veilleuse sur le terrain. Y a-t-il une explication à cette apparente inactivité ?
Fondio Vazoumana : Oui, l’explication est purement légale, conformément à la législation ivoirienne régissant les groupements et partis politiques. Par souci de rigueur et de respect des lois de notre République, nous nous interdisons donc pour l'instant toute activité de masse ou de grande envergure.

Certes, mais ce respect de la loi n'empêche pas totalement de s’organiser. Que fait concrètement l’Uac-CI durant cette période ‘’probatoire’’ ?
Nous ne chômons pas, bien au contraire. Nous mettons ce temps à profit pour bâtir les fondamentaux du parti. En coulisses, toutes nos équipes sont au travail pour structurer nos bases afin de garantir un démarrage dynamique et effectif de notre programme d'activités très bientôt.

En attendant, l'actualité nationale est dominée par la dissolution de la Commission électorale indépendante (Cei) et la proposition par le gouvernement d'une nouvelle mouture de l'organe en charge des élections. Quel est votre avis sur cette transition ?
La Cei, qui vient d'être dissoute, regroupait des représentants de partis politiques et des personnalités qui ont abattu un travail considérable durant plusieurs années. Avant de passer à autre chose, nous aurions souhaité qu'un bilan approfondi de cette Institution soit dressé, afin de mettre en lumière les points de satisfaction mais aussi les faiblesses. C’est ce diagnostic qui nous aurait permis, collectivement, de tirer les leçons du passé pour repartir sur de bonnes bases. Ceci étant dit, nous espérons que les consultations en cours autour du nouvel organe permettront aux différents acteurs de faire l’économie d’une énième crise de confiance, un mal qui a malheureusement trop marqué ces dernières années.

À vous entendre, on peut se demander si le projet actuel du gouvernement répond vraiment aux aspirations de l'Uac-CI et aux attentes des Ivoiriens...
Nous estimons que le gouvernement aurait dû procéder à de larges consultations en amont, avant de proposer cette nouvelle mouture. L'objectif ultime de l'exécutif doit être le retour à une stabilité et à une paix sociale durables. Une démarche inclusive et consultative dès le départ aurait eu le mérite d'éviter les suspicions entre acteurs politiques et de garantir, à coup sûr, un environnement social apaisé.

Justement, face à ce constat, que propose concrètement l’Uac-CI pour sortir de l'impasse des contestations électorales ?
Notre parti propose une approche novatrice : des élections de confiance fondées sur deux organes distincts et complémentaires. D'une part, une Commission électorale (Ce) : elle sera strictement chargée de l'organisation matérielle et technique des opérations. Elle sera composée exclusivement de ‘’sages’’ indépendants issus de la magistrature, des chefferies traditionnelles, des communautés religieuses et de professionnels du droit, désignés uniquement par leurs pairs, hors de toute interférence politique. Ces sages auront un mandat unique, une immunité et prêteront serment devant le Parlement pour garantir leur neutralité. D'autre part, une Commission consultative électorale (Cce) : véritable organe de contrôle et de garantie de la sincérité du scrutin, elle réunira les partis politiques, les candidats, la société civile, les syndicats et les médias. Elle aura un accès total et sans restriction au fichier électoral, au matériel de vote et aux Procès-verbaux, assorti d'un droit de veto suspensif en cas d'irrégularités majeures.

Quelle sera la place des partis politiques dans cette organisation ? 
Dans notre modèle, les partis politiques ne participent plus à l'organisation mais ils en assurent le contrôle souverain. Nous confions l'organisation aux garants moraux de la nation sous le regard vigilant des forces vives. De plus, pour éviter les collusions locales, les présidents des Commissions régionales ne seront pas originaires de leur zone d'exercice, et l'Institution bénéficiera d'un budget totalement autonome. L'objectif est clair : des élections organisées par des Ivoiriens intègres et contrôlées par l'ensemble des Ivoiriens.

Ce modèle vous semble-t-il réellement réalisable dans le contexte ivoirien actuel ?
Bien sûr qu'il l'est ! La Côte d’Ivoire regorge de compétences exceptionnelles et d'Hommes d'une grande intégrité à tous les niveaux, capables de relever ce type de défi. La seule condition, c'est que chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien y mette du sien et privilégie l'intérêt supérieur de la nation.

Quel est votre message à vos sympathisants, militants et aux Ivoiriens en général ? 
Je voudrais dire à nos compatriotes que nous travaillons patiemment et méthodiquement à faire de l’Uac-CI l’alternative crédible qu’ils attendent. À l'endroit de nos militants et sympathisants, je lance un appel : restez mobilisés, le démarrage très prochain de nos activités sur le terrain est désormais imminent.

Signature
Recueillis par Alassane SANOU
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