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Réforme de la gouvernance électorale : Innocent Gnelbin critique la démarche du gouvernement et propose un autre schéma

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Publié il y'a 4 heures
30.06.2026
Le chapeau

Il a, lui aussi, porté un regard critique sur la réforme de la gouvernance électorale annoncée par le gouvernement. Dans une contribution, qui nous est parvenue, lundi 29 juin 2026, le président de Force aux peuples (Fap), Innocent Gnelbin, a, en effet, réagi à l’annonce du nouveau mécanisme de gestion des élections présenté récemment par le Premier ministre, Robert Beugré Mambé.

A l’en croire, le fait que la mouture du nouveau système électoral ait été définie sans consultation avec les parties prenantes, « peut donner le sentiment que l'orientation de la réforme est déjà arrêtée avant même que les causes officiellement retenues ne soient exposées à la nation ». « Dans un pays marqué par une longue histoire de crises électorales, cette impression ne peut qu'alimenter les interrogations plutôt que la confiance. Cette démarche n'est pas anodine. Et c'est précisément parce qu'elle n'est pas anodine qu'elle mérite réflexion », a alerté l’ancien candidat déclaré à la présidentielle d’octobre 2025. 
Dans le fond, il a regretté que, comme dans bien de situations en Côte d’Ivoire, cette réforme s’oriente vers la réorganisation des structures « plutôt que vers la transformation des mécanismes qui produisent les problèmes ». « Et c'est là que réside, l'un des grands blocages de notre développement. Le véritable problème est souvent l'absence de volonté de remettre en cause les mécanismes qui permettent au système existant de se reproduire. Car un système ne se maintient pas uniquement par ses Institutions. Il se maintient aussi par des intérêts, des habitudes de gouvernance, des rapports de force et parfois par la préférence donnée à la stabilité du système plutôt qu'à la transformation profonde des réalités qu'il produit », a fait valoir M. Gnelbin. 
Au-delà de dénoncer, l’essayiste a proposé une autre démarche pour une réforme électorale efficiente. A savoir partir d'un diagnostic partagé, identifier clairement les causes des dysfonctionnements, organiser un débat national ouvert sur les solutions possibles, puis construire les institutions nécessaires à partir des conclusions de ce travail collectif. « La vocation d'une réforme n'est pas de préserver un ordre établi. La vocation d'une réforme est de corriger les injustices, d'élargir les libertés, de renforcer la souveraineté populaire et d'améliorer concrètement les conditions de vie du plus grand nombre. La réussite d'une réforme ne se mesure pas au nombre d'organes qu'elle crée, ni à la sophistication de son architecture. Elle se mesure à sa capacité à réduire les injustices qu'elle prétend combattre. La Côte d'Ivoire n'a pas besoin d'une nouvelle accumulation de structures. Elle a besoin du courage politique nécessaire pour s'attaquer aux causes profondes de ses difficultés », a martelé Innocent Gnelbin. 

Signature
Alassane SANOU
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