First News


Prix du Cacao: La Picd appelle à la mise en place d’un plan de sauvetage pour éviter de sacrifier les coopératives

Ecouter cet article en audio
Publié il y'a 3 heures
10.03.2026
Le chapeau

La plateforme ivoirienne pour le cacao durable (Picd) a appris par voie de presse l’annonce officielle du prix d’achat bord champ du cacao pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Ce prix, fixé à 1 200 Fcfa, est en baisse de 57% par rapport au prix de la campagne principale. Pour la Picd, en plus de la modification du calendrier habituel, cette annonce soulève des questions importantes, notamment la gestion des stocks issus de la campagne principale. 

L’annonce de la campagne intermédiaire intervient dans un contexte marqué par une campagne principale difficile, au cours de laquelle la commercialisation intérieure du cacao a été bloquée, créant ainsi des stocks importants dans les magasins des coopératives et laissant de nombreux producteurs dans l’incapacité de vendre leurs productions. La Picd estime à plus de 30 milliards de Fcfa, la perte nette pour les sociétés coopératives membres, si leur stock actuel, acheté à 2 800 Fcfa venait à être commercialisé au prix usine de 1 300 Fcfa. Et, ce chiffre ne prend pas en compte les dépenses liées à la gestion et l’entretien régulier des stocks pour éviter une dégradation importante de la qualité des fèves. Pour rappel, la campagne principale 2025-2026 a été annoncée pour couvrir la période allant du 1er octobre 2025 au 31 mars 2026. Si le changement de ce calendrier initial relève d’une nécessité liée à la situation du marché mondial, il n’est pas acceptable que le préjudice qui en résulte soit à la charge unique des producteurs et des sociétés coopératives. La Picd appelle donc les autorités à l’ouverture, dans les meilleurs délais, d’un dialogue inclusif et à la mise en place d’un plan de sauvetage pour éviter la disparition du mouvement coopératif, acteur clé de la filière cacao en Côte d’Ivoire. 

En dépit des difficultés et défis majeurs persistants, d’importants efforts ont été déployés ces dernières années pour mettre de l’ordre dans la filière cacao. Ces efforts permettent aujourd’hui d’être engagé dans la modernisation de la filière, notamment à travers la mise en place en cours d’un système national de traçabilité, l’adoption d’une norme sur le cacao durable (la norme Régionale Ars-1000), et la création de l’organisation interprofessionnelle agricole (Oia). Ces réalisations sont le résultat du travail de l’ensemble des acteurs. C’est pour cette raison que, malgré les difficultés actuelles, la Picd maintient que le système de commercialisation entièrement libéralisé n’est pas une solution viable dans le contexte de la Côte d’Ivoire. Et, s’il appelle à plus d’inclusion et de transparence dans la gestion de la filière, il réaffirme ainsi son attachement à l’ordre qu’incarne le régulateur de la filière. La Picd appelle donc ses membres à ne céder à aucune facilité et à ne s’associer à aucune demande de remise en question totale des structures actuelles de gestion de la filière. La Picd réitère son engagement exigeant d’acteur constructif, disponible à partager avec les autres parties prenantes, notamment le Conseil du Café-Cacao, ses propositions pour trouver une issue à la crise sans que les intérêts des productrices et des producteurs ainsi que des sociétés coopératives, ne soient sacrifiés. 

Signature
A. ZADI avec Sercom
Mots-clés associés à l'article
En cours de chargement...