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Ligue 1 de Côte d’Ivoire : A Yamoussoukro, l’Osa refuse de jouer pour dénoncer l’arbitrage

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Publié il y'a 11 heures
19.05.2026
Le chapeau

Dans un dénouement rarissime, la rencontre entre l’Afad du Plateau et l’Olympic sport d’Abobo, disputée le 17 mai 2026 à Yamoussoukro, a basculé dans la contestation. Au retour des vestiaires, les joueurs d’Abobo ont cessé de jouer en signe de protestation contre l’arbitrage, laissant leurs adversaires dérouler jusqu’à une lourde défaite (8-0). Un geste fort qui relance le débat sur l’équité et la gouvernance du football ivoirien.

La rencontre entre l’Académie de football Amadou Diallo (Afad) du Plateau et l’Olympic sport d’Abobo (Osa), dimanche 17 mai 2026, au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro, a connu un dénouement inhabituel.
Au retour des vestiaires, les joueurs du Fc Osa ont refusé de reprendre le jeu. Agenouillés sur la pelouse, ils ont cessé toute opposition, laissant leurs adversaires inscrire sept nouveaux buts avant que l’arbitre ne mette un terme à la rencontre, sur le score de 8-0 pour l’Afad.
Selon le club d’Abobo, cette décision constituait une protestation contre l’arbitrage de Yapi Assi Aristide, jugé défavorable par les dirigeants et les joueurs du Fc Osa. L’action à l’origine de la contestation est intervenue sur un corner en faveur de l’Afad. Alors qu’un défenseur du Fc Osa était au duel avec un attaquant adverse, l’arbitre a accordé un penalty au joueur du Plateau.
Le 11e penalty concédé par le club en 14 matches depuis le début de la phase retour. Une statistique que les responsables et les joueurs du Fc Osa considèrent comme révélatrice d’un traitement qu’ils jugent préjudiciable.
À l’issue de la rencontre, le club a publié un message sur sa page Facebook officielle : « Comment passer sous silence un arbitrage qui a totalement fait basculer notre saison et encore plus ce jour dès les premières décisions contestables de cette rencontre face à l'Afad ? Penalty litigieux, gestion incompréhensible du match, décisions à sens unique… Trop, c’est trop. Le football ivoirien mérite mieux que ce genre de scénario qui détruit les efforts de toute une saison. Le Fc Osa refuse de se taire face à cette énorme injustice sportive. Bravo à nos joueurs, notre staff et nos supporters qui méritent le respect, l’équité et un arbitrage à la hauteur de la Ligue 1 ».
Depuis plusieurs semaines, le propriétaire du club, Amza Gamal, multipliait les prises de parole pour dénoncer l’arbitrage en Ligue 1. Le 5 mai 2026, après une défaite controversée face au Fc San Pedro, il écrivait : « Je continuerai à m’exprimer avec respect mais avec fermeté, tout en défendant une vision du football ivoirien plus juste, plus saine et véritablement fondée sur la méritocratie. Mon engagement restera constant, non pas dans l’opposition aux individus mais dans la défense de principes, de valeurs et d’une conviction profonde pour la réforme totale du système de notre football local qui est totalement à la dérive ». Un mois plus tôt, il déclarait : « Lorsque des décisions interviennent à des moments clés, parfois même au-delà du temps additionnel et influencent directement le résultat d’un match, il ne s’agit plus simplement d’erreurs humaines. Cela soulève de réelles interrogations sur l’équité et l’intégrité de notre championnat. Depuis un certain temps, des situations préoccupantes se répètent et fragilisent notre équipe malgré les efforts, le travail et la dignité dont nous faisons preuve. Elles donnent le sentiment que tous les clubs ne sont pas traités avec la même équité. Une situation qui rappelle, à certains égards, des pratiques autrefois dénoncées par ceux-là mêmes qui sont aujourd’hui aux commandes. »
Le 29 avril 2026, il avait également tenu des propos très critiques sur la gouvernance du football local. « Sur le football local, le mandat est catastrophique. Cela fait plusieurs années que la Côte d’Ivoire a une bonne sélection. Donc moi, l’objectif du président, c’est vraiment organiser le football local, et quand je vois ce qui se passe avec les arbitres, c’est un échec, c’est catastrophique. Tu as affaire à des présidents malhonnêtes, des présidents corrompus qui pourrissent le championnat. On nomme des présidents sans vision, sans conviction, sans ambition pour détruire des présidents comme nous qui formons pour le pays, et la Fédération accepte. Il y a des présidents corrompus qui passent par des arbitres corrompus pour détruire les matchs. C’est un échec pour moi parce qu’il n’a pas été élu pour la sélection. Humainement, le président, c’est une très bonne personne, il respecte l’Homme mais son bilan est un échec total ».
Malgré ces différentes sorties, les critiques formulées par le propriétaire du Fc Osa n’ont pas entraîné de changement notable selon le club.
Relégué en Ligue 2 à l’issue de cette saison, l’Olympic sport d’Abobo quitte l’élite du football ivoirien sur une action forte, qui relance les débats sur l’arbitrage et, plus largement, sur l’organisation du championnat national.
Cet épisode, largement commenté, met en lumière les tensions persistantes autour du football local ivoirien et pourrait alimenter les réflexions sur les réformes attendues.

 

Signature
Guillaume AHOUTOU
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